Mon chemin de vie

27 Jan 2025

Mon enfance, je l’ai vécue dans un joli cocon, avec mon petit frère et mes parents. Entre un papa artisan et une maman au foyer, je n’ai manqué de rien. La première partie de ma vie était un havre de douceur et d’amour. Bien sûr, il y avait les petits tracas du quotidien, mais dans l’ensemble, jusqu’à mes 10 ans, tout se passait pour le mieux. De nature joyeuse et souriante, j’évoluais dans mon monde, très proche de ma mère.

Mais cette période a pris fin brutalement avec mon entrée au collège. Ma mère a décidé de me changer d’établissement. Je suis passé alors d’une petite école privée (bisounours) à un collège en zone ZEP (zone à éducation prioritaire). La transition a été brutale. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait : perte de mes amis, de mes repères et une sensation d’avoir été trahi par ma mère. Qu’est-ce que je faisais ici ? Pourquoi ? Elle me répondra à plusieurs reprises que j’avais besoin de m’endurcir… Très vite, j’ai été confronté à de la violence verbale, puis physique. Le choc était immense. À partir de ce moment, je me suis replié sur moi-même, prenant peu à peu mes distances avec le refuge familial, un début de perte de confiance. Je n’exprimais pas vraiment ce qui se passait, je recevais des coups et des insultes à répétitions.  Peu à peu une distance s’est formée entre ma mère et moi.

Les années ont passé, et une sorte de coquille s’est formée autour de moi. Je me sentais mal dans mon corps, hypersensible par rapport aux autres. Je savais que j’étais différent, mais je n’arrivais pas à mettre de mots dessus.

Sans savoir pourquoi, je rencontrais des personnes issues de divers milieux qui se confiaient à moi. Je fus alors confronté aux choses de la vie dont on ne parlait pas dans mon cocon : alcoolisme, abus, attouchement, viol, inceste ou encore le suicide. Je ne portais pas de jugements, j’écoutais simplement et j’étais un soutien. Je recevais sans vraiment exprimer ce qu’il se passait en moi.
Jusqu’au lycée, j’étais de nature calme, obéissant, et je faisais tout pour ne pas causer de problèmes. Mais cette attitude me pesait. J’ai commencé à dire non, à refuser certaines choses. Peu à peu, j’ai rejeté en bloc l’éducation parentale. Un gouffre s’est creusé entre ma famille et moi. Il avait cette rage en moi, cette tristesse si forte de me sentir différent des autres. Encore plus mal dans ma peau je m’accrochais au peu que je pouvais pour avancer. C’est à cette époque que j’ai commencé à sortir davantage, à boire, à fumer, et à passer plus de temps avec mes amis qu’à travailler. L’échec de mon bac a marqué un tournant : une chute royale, une humiliation qui a alourdi la situation. L’envie de disparaître a commencé à m’effleurer l’esprit. Je m’enfermais dans un isolement protecteur, et mes relations avec mes parents se détérioraient surtout avec mon père. C’est à cette période que j’ai commencé à me dresser contre lui, lui exprimant que je ne souhaitais plus de son argent mais passer du temps avec lui, chose qu’il n’a jamais comprise.

Finalement, diplôme en poche, j’ai tenté la fac. Mais dès les six premiers mois, j’ai compris que je n’étais pas à ma place. Je me sentais perdu, sans objectif clair. J’ai alors enchaîné des petits boulots en intérim, avec un but en tête : économiser pour réaliser un projet qui me tenait à cœur : un voyage au Pérou. Quelques mois plus tard, je partais avec mon sac à dos pour un mois. Ce voyage a été une bouffée d’air : rencontrer des gens de tous horizons, découvrir de nouvelles cultures, et explorer différentes facettes de moi-même. J’ai découvert que j’avais une véritable capacité d’adaptation et que je pouvais exceller dans ce que j’entreprenais.

Malgré tout, je commençais à trouver un équilibre, mais cette dynamique a été perturbée lorsque la pression familiale est revenue. Mes parents insistaient : Marc, fais des études… Pour leur faire plaisir et me prouver quelque chose, j’ai entamé un diplôme par correspondance dans le tourisme. Peu après, j’ai pris une décision importante : partir dans les Alpes pour faire mon apprentissage. C’était un véritable tournant. À 21 ans, je quittais le cocon familial.

Je me suis retrouvé dans la montagne pour ma première saison dans un village vacances. Cette expérience a été révélatrice : j’ai découvert une véritable passion pour travailler avec les enfants. Ni une ni deux, je suis retourné chez mes parents pour passer le BAFA et obtenir mon diplôme d’animateur. Dès que ce fut fait, je suis reparti pour faire d’autres saisons. J’ai ensuite poursuivi ma formation avec un diplôme professionnel dans l’animation.

Pendant cette période, je me suis pleinement investi dans un métier qui me passionnait. Être en contact avec les enfants me permettait de réunir tout ce que j’aimais : la nature, les activités créatives, le sport, et la transmission de savoirs. Mes études m’ont également donné l’opportunité de voyager tous les six mois à travers différentes régions de France. Durant ces années je me suis focalisé sur le travail, en réprimant ma sensibilité et vulnérabilité pour paraitre comme tout le monde. Je ne voulais plus entendre ce fameux « Marc tu es trop sensible, tu pleures trop pour un rien » Alors j’ai pris sur moi et exprimé encore moins mes émotions.

Puis, peu à peu, une nouvelle idée a germé : partir à l’étranger. Après trois ans d’économies, à 27 ans, j’ai décidé de m’envoler pour un an en Australie avec un ami. C’était un véritable rendez-vous en terre inconnue. J’avais soif d’aventure, d’aider en faisant du volontariat, et surtout de décrocher de ma vie actuelle.

Un rêve devenu concret. Avec une voiture, nous avons commencé à voyager à travers les routes australiennes. Malheureusement, cette promiscuité a vite révélé des tensions. Au fil des semaines, mon ami m’a reproché mon comportement : il trouvait que je riais trop, que je posais trop de questions, et que je créais trop de proximité avec les gens. Ce dernier point, en particulier, semblait le déranger : les gens se confiaient spontanément à moi, partageant leurs émotions, parfois jusqu’aux larmes. Cela, semble-t-il, créait un malaise. À force de critiques, la situation est devenue insoutenable. Finalement, je suis parti seul, avec une appréhension grandissante.

Le vent m’a porté jusqu’en Tasmanie, où je voulais absolument faire du volontariat dans une ferme. Je me suis retrouvé dans une exploitation biologique de cochons. Pourtant, même dans cet environnement apaisant, je me sentais perdu. Qui étais-je, si je devais cesser de rire spontanément ? Qui étais-je, si je devais arrêter de poser des questions ou de montrer ma sensibilité aux autres ? Pendant des mois, je me suis interrogé sur moi-même, sur ce que j’étais prêt à préserver ou à abandonner.

Petit à petit, j’ai retrouvé confiance en moi, et dans cette ferme, je me suis fixé une limite claire : plus jamais personne ne me ferait douter de ces parts essentielles de ma personnalité. Rire comme un enfant ? Oui, et alors ? Cela ne fait de mal à personne. Poser des questions ? C’est ainsi que j’apprends, évolue et comprends le monde. Être sensible, vulnérable ? C’est ce qui me permet de toucher les autres, de créer des connexions sincères. Cette vulnérabilité est une force, une richesse que je ne laisserai plus personne m’enlever.

Retrouver cet élan intérieur a été un tournant. La ferme m’a permis de me recentrer, de me ressourcer au contact des animaux, de la nature et de personnes venues des quatre coins du monde. C’était comme un vaste terrain de jeu où je pouvais explorer, apprendre, et être moi-même sans la moindre pression extérieure. Je me sentais enfin libre.

Poussé par cette nouvelle énergie, j’ai décidé de poursuivre l’aventure. Cette fois, direction la Nouvelle-Zélande. Et pourquoi pas à vélo ? Je me suis mis à suivre mes inspirations du moment : un volontariat par-ci, une rencontre par-là… Je laissais le vent et mon cœur guider mes pas.

Initialement, je devais revenir après un an, mais la magie de la route a eu raison de mes projets. L’excitation de découvrir chaque jour quelque chose de nouveau était trop forte. J’ai continué mon périple à travers l’Indonésie, la Malaisie, et enfin l’Inde.

C’est en Inde que quelque chose de profond a changé en moi. Lors d’un volontariat dans un bidonville, j’ai été confronté à une misère humaine insoutenable : des enfants très jeunes, sans vêtements, livrés à eux-mêmes, fouillaient dans des poubelles pour trouver de quoi manger. Mon ami indien m’a simplement dit : “Voilà ce que signifie ne rien avoir : pas de famille, pas de toit, pas de nourriture.”

Cette scène m’a bouleversé. Une réflexion s’est imposée dans mon esprit : Moi, Marc, j’ose parfois me plaindre… Je suis au sommet de la pyramide. Je suis un homme blanc, éduqué, en bonne santé, avec de l’argent, des amis, une famille. J’ai tout. À cet instant précis, j’ai pris une décision : jamais je ne reviendrai à une vie ordinaire, enfermée dans un métro-boulot-dodo. Non, je voulais utiliser ce que j’avais pour aider, donner, et apporter ma contribution au monde.

Cette prise de conscience m’a conduit au Népal, où j’ai enseigné l’anglais dans une école nichée au cœur de l’Himalaya. Suite à cette magnifique expérience j’ai décidé d’aller marcher seul dans les montagnes Himalayennes. Cette aventure solitaire sera l’une des plus riches de mon voyage. J’ai touché ici quelque chose de nouveau… Une force…Une confiance en qui j’étais.

 Puis, après deux ans de voyage, je suis rentré en France pour une courte visite. Mais les choses n’avaient pas vraiment changé ici. Je constatais surtout une distance entre ma famille, mes amis, et moi. C’était comme si j’avais été propulsé sur une autre planète.

Animé par l’envie d’apprendre une nouvelle langue, je suis reparti aussitôt, direction le Guatemala pour trois mois. Là, j’ai appris l’espagnol, avant de me diriger vers le Chili, poussé par une intuition. En chemin, un vide intérieur a commencé à se faire sentir. Sans vraiment comprendre cette sensation, j’ai continué à suivre le fil de mes aventures.

Au Chili, un projet dans le sud du pays a attiré mon attention. J’ai envoyé une candidature, presque par curiosité. Contre toute attente, on m’a proposé de gérer une cuisine dans un centre holistique en pleine création. Je me suis laissé porter par le vent.

C’est là, dans cet endroit unique, entouré de 40 volontaires venus du monde entier, que j’ai trouvé un sens profond à ma vie. Ce centre réunissait permaculture, yoga, méditation, art, cercles de partage, retraites silencieuses, danse, massages, communication non violente. Un véritable creuset d’apprentissages et de transformations.

Une rencontre marquante avec un chaman Shipibo et une cérémonie d’ayahuasca ont ouvert un nouveau chapitre dans ma vie. Pour la première fois, j’ai ressenti pleinement mon âme et une connexion spirituelle profonde. Cette expérience a changé ma perception de moi-même et de mon chemin, marquant mon entrée dans le monde du chamanisme et ancrant davantage ma volonté de vivre en harmonie avec mon être intérieur et les autres. Je ne le savais pas encore, mais cette expérience allait changer ma vie.

Quelques mois plus tard, je quittais la communauté pour me rendre au Pérou. Malheureusement, mon compagnon de route du moment s’est donné la mort. Ce fut littéralement une descente en enfer. La déchirure fut brutale, et je me suis senti écrasé par la violence des émotions. Malgré tout, j’ai pris la décision de gérer la situation. Je suis rentré en France pour accompagner sa famille lors des obsèques.

Face à l’ampleur du trauma, il m’est vite apparu qu’il était essentiel de prendre soin de moi-même, de ne pas me laisser submerger par cet événement. Quelques mois plus tard, je reprenais la route vers le Pérou. Cependant, je me sentais complètement bloqué, tétanisé par ce qui se passait en moi. Incapable d’avancer, j’ai décidé de retourner dans cette communauté pour chercher à guérir.

Je me suis placé en isolement, me préparant à recevoir de nouveau l’ayahuasca. Ce fut, sans aucun doute, l’une des plus belles guérisons de ma vie. Deux nuits plus tard, mon cœur s’ouvrait à nouveau à la vie. Un profond sentiment d’amour et de sérénité m’envahissait. J’ai pu cette nuit-là dire au revoir et terminer mon deuil. Il était temps de me relever.

Je resterai presque 3 ans dans cette communauté. Greg le gérant m’a pris littéralement sous son aile et m’a aidé à grandir. Ici j’ai commencé mon processus de guérison, je me souviens qu’après une session de respiration holotropique j’ai pleuré durant un mois tous les jours sans vraiment comprendre, il fallait que ça sorte. Et avec l’aide de Greg j’ai commencé à partager ce que je savais, à animer des cours de communication, de méditation, de tantrisme, de danse, d’art … je partageais tout ce que j’avais pu apprendre dans ma vie.  En enseignant tu apprendras tout autant me disait Greg. J’ai commencé à me retrouver, durant 3 ans j’ai pu me reconnecter à qui j’étais…. J’étais à deux doigts d’avoir le visa pour vivre dans ce projet. Malheureusement je suis tombé malade. Après une batterie de tests sur place et sans résultat probant, j’ai senti, malgré une énorme tristesse, que je devais retourner en France.

Après six ans de voyage transformateur autour du monde, je suis revenu chez mes parents, brisé physiquement et moralement. Ce retour à la case départ fut difficile. Les douleurs qui me paralysaient m’empêchaient de marcher normalement, et malgré de nombreux tests médicaux, aucun spécialiste n’a pu identifier leur origine. Perdu, je me suis retrouvé confronté à la pression familiale de « retrouver un travail rapidement », ce qui n’a fait qu’intensifier mon sentiment de déconnexion totale avec la société et ceux qui m’entouraient. Mes proches semblaient étrangers, et je me sentais désespérément seul face à mon existence et aux questions écrasantes : « Que faire de ma vie ? »

Je suis tombé en dépression. Je cherchais des formations pour tenter de me reconstruire, mais rien ne résonnait en moi. Une nuit, alors que je m’apprêtais à dormir, j’ai ressenti un appel, une intuition puissante : je devais faire un rituel pour me connecter à l’invisible.  Je résistais à l’idée, mais cet appel était si fort que je n’ai pas pu l’ignorer.

Pendant ce rituel, j’ai senti la présence de mes ancêtres et entendu un message limpide : « Tu es chamane. Tu nous parles, à nous, les esprits. » À cet instant, une lumière dorée m’a traversé, et j’ai ressenti une certitude absolue : je savais quelle était ma voie.

Le lendemain, j’ai contacté le chaman avec qui j’avais travaillé précédemment. Sans surprise, il m’a répondu : « Je sais, je t’attends dans la jungle pour commencer ton apprentissage. » Tout s’est alors aligné. L’univers semblait soutenir ce nouvel élan : quelques semaines plus tard, j’ai trouvé un appartement, un emploi saisonnier, ce qui m’a permis de financer mon projet malgré la réticence de mes parents. Mon père, en particulier, a refusé de me parler pendant des mois, incapable de comprendre mon choix.

Un an plus tard, malgré les obstacles liés à la pandémie, je suis parti dans la jungle, porté par cet appel intérieur irrépressible. Ce n’était plus un simple choix, mais une évidence qui dépassait ma compréhension. J’avais trouvé ma direction, une mission qui donnait enfin un sens à ma vie.

La jungle a marqué une étape cruciale de ma vie, intense et transformatrice. Arrivée sur le sol péruvien, la maladie que j’avais a disparu. Isolé dans une petite case traditionnelle au cœur d’une tribu Shipibo, j’ai débuté mon apprentissage chamanique par les diètes de plantes. Ces dernières m’ont confrontée à mes illusions et mes peurs, jusqu’à ce que je décide de cesser de fuir et d’écouter véritablement leur enseignement. Peu à peu, elles m’ont guidée, révélant la présence spirituelle de mon grand-père, dont l’influence avait tracé mon chemin. À chaque étape, les plantes m’interrogeaient sur ma vocation : pourquoi vouloir devenir chamane ? Avec sincérité, je répondais que je souhaitais, si j’en avais la force, d’aider l’humanité à s’éveiller. Ce premier séjour, initialement prévu pour deux mois, s’est finalement étendu à six, durant lesquels j’ai appris à me guérir et à soigner.

À mon retour en France, l’adaptation fut difficile : hypersensibilité, mal-être physique et psychique, et un manque d’encadrement. Malgré ces défis, je me suis relevée, entreprenant un séminaire au tambour qui m’a reconnectée avec mes guides. Ceux-ci m’ont encouragée à leur faire confiance directement, plutôt que de chercher un mentor humain.

 Cette période a marqué le début d’une immersion totale dans l’invisible. J’ai appris que la guérison n’est pas une ligne droite, mais un chemin sinueux, imprévisible et exigeant. Mon quotidien a alors basculé du jour au lendemain : plus de viande, plus de sucre, plus d’alcool, plus de tabac, plus de relations sexuelles, plus de musique, plus de soirées. Et surtout, beaucoup d’isolement. Plus rien. Une véritable douche froide. Au début, j’ai énormément résisté. Chaque changement me semblait une lutte, un renoncement trop lourd. Mais peu à peu, j’ai compris que pour grandir, il était nécessaire de lâcher certaines choses. J’ai découvert à quel point il est difficile de se détacher de nos habitudes, de nos constructions mentales, et d’avoir la foi – foi en son cœur, en son âme, en ses guides, et en son chemin.

À travers ce parcours initiatique, j’ai continué à apprendre, à grandir, et à trouver peu à peu ma place. En chemin, j’ai également commencé à aider les autres, à partager ce que j’avais appris dans cette quête de guérison et de transformation.

Puis j’ai perdu mon logement de façon soudaine. Mes guides m’ont incité à lâcher prise et à avoir foi en la vie. Ce saut dans l’inconnu a miraculeusement débouché sur de nouvelles opportunités. Peu après, j’ai eu une vision prémonitoire d’une rencontre avec une âme spéciale. Deux semaines plus tard, je croisais Marie, et nous comprîmes rapidement que nos chemins devaient s’unir. Durant tout mon parcours, les plantes m’ont enseigné, les esprits de mes ancêtres également. Mais avec Marie, nous avons été guidés à nous reconnecter à quelque chose de plus ancien, quelque chose d’oublié et perdu, qui nous appartenait respectivement. Nous avons été guidés à découvrir une « médecine des étoiles », une pratique sacrée et spirituelle qui a profondément transformé nos vies. C’était comme retrouver une part manquante, reconnecter à des racines bien plus profondes. À la suite de cette expérience, j’ai ressenti le besoin de me séparer de mon tambour, une sensation de ne plus être alignée avec lui. Je sentais désormais que je n’avais plus besoin des plantes ni du tambour pour être en contact avec l’invisible, ma voix me suffisait. Avec Marie, j’ai entamé un processus de guérison intense, notamment en reconnectant avec mon masculin sacré, longtemps enfoui. À travers nos soins communs, j’ai reconnecté avec mes vies passées, et pendant plus d’un an, j’ai commencé à guérir mes karmas et les événements de cette vie-là. J’ai appris à trouver un équilibre entre mes énergies féminines et masculines, à développer confiance et estime de moi, et à devenir pleinement responsable de ma vie.

Nous avons déployé nos ailes ensemble, commencé à soigner à deux, et nous avons organisé des cercles de soins et des retraites chamaniques. Ce passage avec Marie fut d’une extrême intensité, nous étions plongées dans l’invisible non-stop. Beaucoup m’ont conseillé de couper, de prendre du recul par rapport au chamanisme, car je m’enfonçais de plus en plus dans mes noirceurs. Je ne me reconnaissais plus, je me sentais coupée du monde, de ma famille, de mes amis. Seul comptait cet élan de l’âme. Plusieurs fois, j’ai essayé de m’éloigner de ce chemin, de résister. En vain, quelque chose de plus grand que moi me poussait à suivre ce chemin sinueux, sans jamais m’arrêter. J’ai appris petit à petit à avoir confiance en mon âme, malgré la difficulté, et à développer une foi encore plus forte. C’est cela mon chemin !

Après un an et demi de cheminement côte à côte, Marie a suivi son propre appel, s’installant dans le sud de la France. Quant à moi, je sentais que ma destinée m’attendait en Ardèche, même sans en connaître les détails. Partir ailleurs fût une décision difficile. Il m’a fallu plusieurs années pour retrouver un semblant d’équilibre, un « chez moi » et je devais quitter tout de nouveau, mes amis, mon travail, ma maison… Encore une fois…Porté par la foi en mon âme, j’ai une nouvelle fois plongé dans l’inconnu de la vie, prêt à accueillir les prochains enseignements et à continuer à déployer mes ailes.